Arioviste, Roi des Germains et allié de Rome

Publié le par Frédéric Coulon

Dans cette représentation d'Arioviste, celui-ci prend des traits celtes. L'historien Christian Goudineau défend cette appartenance celte d'Arioviste, au Collège de France.
Dans cette représentation d'Arioviste, celui-ci prend des traits celtes. L'historien Christian Goudineau défend cette appartenance celte d'Arioviste, au Collège de France.
Ami des Séquanes

Arioviste s'introduit dans l'histoire de la Gaule par la grande porte : il incarne l'envahisseur, il fait peser une menace constante sur deux peuples du nord-est de la Gaule, les Eduens et les Séquanes, dès 71 avant J.-C, et ce, pendant plus d'une décennie.

En 71 avant J.-C., en effet, ce roi germain, capable de rassembler sous son commandement diverses tribus germaniques habitant le long du Rhin, est appelé par les Séquanes pour les seconder dans le conflit qui les opposait aux Eduens.

La bataille de Magetobriga

Les Germains d'Arioviste écrasèrent vers -61, -60 ou bien -59, la coalition gauloise conduite par les Eduens à Magetobriga (en actuelle Côte d'Or). Cette victoire, retentissante, vit Arioviste être honoré des titres d' "ami de Rome", et d' "allié de Rome".

L'histoire ne dit pas les intentions romaines véritables à l'endroit de la personne d'Arioviste. Toujours est-il que le chef germain, capable de rassembler des fantassins et cavaliers harudes, marcomans, suèves, sédusiens, triboques, vangions et némètes, représentait une menace pour Rome. Il faut voir ces titres d'allié et d'ami de Rome, comme un moyen de temporiser.

Pillage du territoire séquane

Arioviste put installer durablement ses troupes sur la rive gauche du Rhin, se livrant à du pillage du territoire séquane notamment, et faisait planer sur toute la Gaule une menace d'invasion.

Jules César s'oppose à Arioviste

Les Eduens demandent en -58, sous l'égide du druide Diviciacos, vergobret (chef politique), l'aide militaire de Jules César.

Jules César fut conduit avec ses légions jusque la plaine d'Alsace, par Diviciacos, et écrasa l'armée d'Arioviste, lequel s'échappât en traversant le Rhin.

Gravement touché, Arioviste disparaîtra de l'histoire, terriblement affaibli : sa mort est relaté par César dans le Bellum Gallicum, à propos des événements de -54.

A noter que les deux épouses d'Arioviste furent tuées lors du choc entre Romains et Germains, ainsi que l'une de ses filles.

Arioviste, Roi des Germains et allié de Rome
"Arioviste aurait été un Celte", selon Christian Goudineau

Christian Goudineau, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire des Antiquités Nationales, pense qu'« Arioviste aurait été un Celte ». Ce professeur aime bousculer les idées reçues et réinvente l’Histoire, une histoire que ces prédécesseurs auraient bien mal comprise et même gravement défigurée pour en faire le support d’un nationalisme idéologique et guerrier. On aurait pris trop à la lettre les Commentaires sur la guerre des Gaules. Car César aurait menti. Il aurait inventé la Gaule. Il aurait imaginé que le Rhin faisait une frontière naturelle entre la Gaule et la Germanie.

M. Goudineau développe l’idée que les Germains, avant de s’appeler ainsi, étaient des Celtes. S’il existe des contradictions dans les textes anciens, dit-il, c’est parce que leurs auteurs n’y comprenaient plus rien, parce que César, dans ses Commentaires, avait tout chamboulé.

Arioviste débarquera prochainement dans mon roman historique en ligne : Le Trône des Gaules.

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