La cavalerie gauloise au II ème siècle av. J.-C. : mutations et innovations

Publié le par Frédéric Coulon

La cavalerie gauloise au II ème siècle av. J.-C. : mutations et innovations

Au cours du II ème siècle avant notre ère, en Gaule, apparaissent des unités d'élite parmi la cavalerie. Aux levées saisonnières de troupes et aux groupes de mercenaires ambulants qui pouvaient appuyer les armées gauloises à l'occasion, s'ajoutent au II ème siècle avant notre ère des unités permanentes de cavalerie qui étaient à la solde des représentants les plus riches de l'aristocratie gauloise.

Nous avons l'exemple de l'aristocrate éduen Dumnorix, contemporain de Vercingétorix :

Dumnorix entretenait régulièrement, à ses frais, une nombreuse cavalerie qui lui servait de garde du corps

Guerre des Gaules, I, 18

Des Trimarcisia servis et protégés par leurs écuyers

Libérés de toute autre occupation, ces cavaliers d'élite pouvaient consacrer tout leur temps aux exercices nécessaires à la pratique de l'art de la guerre.

L'entité de base de cette cavalerie se nommait Trimarcisia ( trinôme de cavalier). Elle se composait d'un cavalier, "Equite" (chevalier) et de ses deux servants d'armes "Ambactes" (ceux qui servent, écuyers).

Apparition d'une épée plus longue

L'émergence d'une cavalerie d'élite est à associer à une mutation de taille en matière d'équipement et d'armement. L'ancienne épée polyvalente est remplacée par une arme longue, sans pointe, qui ne peut être utilisée que de taille. Le lourd ceinturon à chaîne de suspension est remplacé progressivement par une version à anneaux plus légère.

Apparition de la selle

Le cheval se voit équipé d'une selle, le cavalier d'un éperon. Les Gaulois utilisaient une selle dite "selle à corne", elle n'avait pas d'étrier. Protégés par un casque, un grand bouclier et une cotte de maille, les cavaliers d'élite pouvaient dès lors charger en formation avec une grande efficacité, à la lance ou à l'épée. Au plus fort de la guerre des Gaules, Vercingétorix devait disposer d'environ 15 000 cavaliers d'élite.

Des chevaux d'1m60 au garrot

La plupart des chevaux utilisés par les Gaulois mesuraient entre 1m10 et 1m30 au garrot. Ce qui n'était pas le cas des chevaux utilisés par certains aristocrates ou guerriers gaulois, à partir du Ier siècle avant notre ère. Des chevaux d'1m60 au garrot étaient en effet achetés à prix d'or, et importés en Gaule. Notamment depuis l'Espagne.

Quand Jules César affaiblit la cavalerie de Vercingétorix

Lors de l'année -52, Jules César et ses légions affaiblissent progressivement la cavalerie gauloise. Au point que les troupes de Vercingétorix se retrouvèrent pénalisées en cas de charge de cavalerie à effectuer. Vercingétorix se retrouva inéluctablement obligé d'adapter sa stratégie : qui visa progressivement la concentration de troupes en oppidum. La mobilité et la vitesse, forces premières de la cavalerie gauloise, avaient obligé Jules César à faire appel à des cavaliers germains, qu'il rétribuait.

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