Les Germains vénéraient Nirthus, selon Tacite

Publié le par Frédéric Coulon

Nerthus (1905), par Emil Doepler
Nerthus (1905), par Emil Doepler

Nerthus, une divinité de la fertilité, est évoquée par Tacite au Ier siècle après J.-C. dans son livre La Germanie. Les tribus germaniques vénéraient cette divinité.

Extrait :

Puis viennent les Reudignes et les Avions et les Angles et les Varins et les Eudoses et les Suardones et autres Nuitons, qui sont protégés par des cours d'eau et des forêts. Il n'y a rien de bien particulier à signaler pour chacun d'eux, excepté le culte qu'ils rendent en commun à Nerthus, autrement dit à la Terre Mère. Ils croient qu'elle intervient dans les affaires humaines et qu'elle se fait conduire auprès de leurs peuples.

Dans une île de l'Océan s'étend une forêt sainte. Elle abrite un char consacré, que dissimule un voile. Un seul prêtre est autorisé à le toucher. Il prend conscience de la présence de la déesse dans le sanctuaire, fait atteler le char par des génisses et le suit avec grande vénération. Viennent alors des jours de liesse. C'est la fête dans les endroits que la déesse juge dignes de l'accueillir et de l'héberger. On n'entame pas de guerres, on ne prend pas les armes. Tout fer est enfermé. Ce n'est qu'alors qu'on connaît le calme de la paix, ce n'est qu'alors qu'on l'apprécie. Il en est ainsi jusqu'à ce que le même prêtre rende à son temple la déesse comblée par son séjour chez les mortels.

Ensuite le char et le drap et, si on le trouve crédible, la divinité elle-même sont immergés dans un lac à l'abri des regards. Ce rite est accompli par des esclaves que ce même lac immédiatement engloutit. De là, la peur du mystère et l'inviolable ignorance de ce que seuls voient des êtres qui vont mourir.

Tacite, La Germanie, XL 2 à XL 4

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