Quand le sort d'une peuplade dépendait de son héros

Publié le par Frédéric Coulon

Quand le sort d'une peuplade dépendait de son héros

A la manière du duel mythique entre Hector, le champion de Troie, et Achille, le champion grec, pendant la guerre de Troie, bien des conflits entre chefs de guerre se réglaient, sous l'Antiquité, par une joute singulière entre deux champions. Chacun de ces champions représentait son peuple. Le sort de son peuple était donc entre ses seules mains.

Développement de troupes d'élite

Les Celtes avaient eux-aussi des guerriers d'élite, des champions représentatifs de leur peuple, à l'échelle de toute l'Europe. Les Gaulois, au Ier siècle avant J.-C., cessent cependant de régler leurs conflits par le duel entre champions. La bataille rangée, menée par une masse de guerriers professionnels avec dans leur sillage des troupes auxiliaires, était la norme.

"Le puissant"

En dialecte gaulois, le champion se disait camulos ("le puissant"). Certains conflits entre Celtes, aux V ème, IV ème, III ème et II ème siècles, se réglaient par une joute entre deux champions. Dans la Gaule romanisée, le terme camulos désignera le dieu Mars, alors qu'à l'origine ce nom celte est issu d'un dieu des Celtes, une divinité de la guerre nommée Camulos.

Une pratique de guerre commune aux Germains et Gaulois

Une des théories qui établissent les Germains et les Gaulois comme des membres de la branche des Celtes, comme un seul et même peuple, est justement cette question du duel, de la joute entre champions. Les Germains usaient de leurs champions également pour régler leurs conflits. Coutume qui perdurera fort longtemps dans les territoires des peuplades germaniques. Sous l'Antiquité tardive (dès le III ème siècle ap.J.-C.), le duel, dans les territoires germaniques, se déroulait dans un champ clos. La zone de combat était délimitée par une corde derrière laquelle s'amassait la foule. L'un des champions jetait un gant à son adversaire. Si celui-ci le ramassait, cela voulait dire qu'il acceptait le duel.

Sous l'Antiquité : un duel dans un no man's land

Mais bien auparavant, sous l'Antiquité, un duel entre champions se réglait dans un no man's land : un espace vide en hommes, séparant les délégations de chaque camp, qui se faisaient face, à distance. Ces délégations comprenaient les chefs de guerre, leurs escortes personnelles, de grands notables ainsi que des troupes d'élite et d'autres, levées pour l'occasion.

Le sort d'un peuple entre les mains d'un champion

Un champion gagnait le respect de son peuple au gré de ses victoires. La mort d'un champion pouvait se concrétiser en un appel à un autre candidat au duel. Jusqu'à ce que victoire, ou mort s'ensuive, et/ou jusqu'à ce qu'un chef de guerre ne trouve plus de volontaire. Une fois la phase du ou des duels achevée, les chefs de guerre procédaient à des pourparlers de paix, conditionnée aux gages promis initialement. Des morceaux de territoires pouvaient ainsi être arrachés à un peuple.

Publié dans Germains, Histoire antique

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